2012 | Vanités bien ordonnées | Fondation Vasarely

Un projet accueilli par la Fondation Vasarely et coproduit par Les Amis de la Fondation Vasarely, en parallèle d’un colloque national sur la conservation des œuvres anciennes et contemporaines.

Une installation en deux temps, intérieur et extérieur, partagée entre autodestruction et quête d’éternité.
Extérieur : Un bassin carré de neuf mètres de coté contenant un bassin circulaire de huit mètres de diamètre, à l’image et aux dimensions des motifs de la façade de la fondation. Y sont installées dix-sept colonnes de plâtre noires et blanches, qui soumises à l’eau et à l’ensemble des conditions extérieures vont entamer un processus de dégradation et de dilution jusqu’au résultat d’un cercle d’eau blanche dans un carré d’eau noire, recréant le motif des façades de la fondation.
Intérieur : Dans une salle noire, coupée de l’extérieur, un socle lumineux abrite une structure d’ongles, fragile, légère, organique mais en quête d’éternité.

Réunissant conservateurs, restaurateurs, ingénieurs ou philosophe au sein du colloque, un des propos de ce projet consistait à questionner ces intervenants et leur public, mis face à cette installation « bicéphale », opposant une part extérieure de grandes dimensions – lourde par ses matériaux et sa réalisation, et intégrant dès sa conception une nature autodestructrice et mutagène, s’accomplissant dans un processus de transformation – à un pendant intérieur fragile, léger, organique mais pourtant protégé et voué à une forme d’éternité.

Ce travail constitue, pour sa partie extérieure, une première mise en œuvre du projet Pending.

à propos de la structure d’ongles:

« Silences bavards
[…] Jean-Marc a traversé d’autres phases obsessionnelles. Dont la plus
incroyable, tellement chargée de sens et de dérision qu’elle laisse sans voix. Un peu macabre,
assez trash et carrément maniaque, telle est sa « structure d’ongles », arborescence faite de
rognures soigneusement récoltées au fil des ans et collées bout à bout, enchaînant, toujours,
courbes et contrecourbes en suspension. Édifice abstrait, ô combien gracile, semblable de
prime abord à un buisson de vermicelles desséchés. Édifice insupportablement bavard,
racontant bien mieux le personnage que ses paroles mesurées distillées au compte-gouttes.
Symbole de vie et de mort, cellule proliférante devenue inerte et indestructible, intimité,
offerte aux regards, d’homme réclamant sa part d’éternité. D’homme au regard d’aigle,
rongeur et rongé, qui glisse quand même, entre deux silences emplis d’élégance, cette
énigmatique maxime : « L’ongle n’a pas sa place dans le monde des Idées mais sert à définir
l’homme en dernier recours. »
« 

pour L’Express Styles,
Marie-Amal Bizalion